
C’est un serpent de mer qui n’a pas bonne presse dans les Yvelines. La ligne nouvelle Paris-Normandie (LNPN) a fait l’objet d’un bras de fer de plusieurs mois en 2025 entre les élus d’Île-de-France, particulièrement ceux de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise, et leurs pairs normands.
Les premiers contestaient un projet « inacceptable », car trop gourmand en termes de surfaces agricoles consommées comme d’argent public dépensé. Les seconds, eux, insistaient, et insistent toujours, sur la nécessité « légitime » de cette desserte à grande vitesse, très attendue par les usagers.
Le gouvernement veut faire aboutir ce projet
Une réunion du comité de pilotage de la LNPN a eu lieu ce vendredi 9 janvier 2026. « Philippe Tabarot, ministre des Transports, […] a rappelé le soutien plein et entier du gouvernement en faveur de la poursuite de ce projet d’intérêt national majeur et donné rendez-vous à tous les partenaires à l’automne 2026 pour décider des composantes et du périmètre du projet refondé », a fait savoir le ministère par voie de communiqué.
À l’automne 2025, une nouvelle phase de concertation avait permis de finalement trouver des points d’accord pour relancer le projet. Le dialogue rétabli a permis « de définir les axes de travail dans le cadre de la refondation du projet LNPN », poursuit le document.
Une rencontre pour un bilan
La séance du 9 janvier 2026 était présidée par le ministre en présence de la présidente de la Région Île-de-France, Valérie Pécresse, du président du Département, Pierre Bédier, du maire du Havre, Édouard Philippe, de son homologue de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, du président-directeur général de SCNF Réseau, Matthieu Chabanel, ainsi que « des représentants élus des collectivités et établissements publics de coopération intercommunale ».
La rencontre avait pour but de faire le bilan des « treize ateliers de proximité » conduits dans les deux régions avec les élus et les acteurs économiques.
Maintien des arrêts dans le Mantois et réduction des temps de trajets
Matthieu Chabanel a, à cette occasion, rappelé les « principes clés de la refondation de la LNPN », parmi lesquels le maintien des arrêts de trains normands dans le Mantois et le Bonnièrois, exigé par les élus yvelinois, la création de la nouvelle gare de Saint-Sever à Rouen, une importante demande des Normands cette fois, ou encore le choix de la gare Saint-Lazare comme point de destination de la future ligne et nécessitant la création du saut-de-mouton tant attendu.
« Le besoin de quatre voies entre Paris et Mantes-la-Jolie, garantissant deux voies pour les rapides et deux voies pour les autres trains (omnibus…) » a aussi été souligné afin notamment de réduire les temps de parcours.
Des points à travailler d’ici l’automne
Sous l’égide de la nouvelle directrice de projet, Gaëlle Le Roux, un programme de travail a été arrêté. Il doit en autres « identifier des solutions permettant de réduire les impacts du projet dans les Yvelines, les Hauts-de-Seine et en Seine-Maritime », tout en garantissant notamment « la levée des réserves foncières non nécessaires au projet d’ici au prochain comité de pilotage ».
La question du transport du fret ferroviaire depuis Le Havre, en tenant compte de sa compatibilité avec les trafics voyageurs, doit enfin être résolue afin de « définir les investissements nécessaires ».

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